Retour à l'accueil

CE QU’IL FAUT SAVOIR À PROPOS DE L’AMIANTE ET SA RÉGLEMENTATION

Au cours des dernières années, le Canada a finalement emboîté le pas de la majorité des pays industrialisés et a interdit l’importation et la production de matériaux contenant de l’amiante, plusieurs décennies après que ceux-ci furent identifiés comme étant la cause de plusieurs pathologies pulmonaires. Bien que son utilisation soit maintenant restreinte, voire interdite, qu’en est-il de l’amiante restant et ses normes de sécurité ?  

Tout d’abord, l’amiante désigne un groupe de minerai utilisé commercialement qui a la particularité d’être hautement fibreux. Ces minéraux ont principalement été utilisés pour leur profil unique offrant une grande malléabilité, une forte résistance à la chaleur, aux acides et à l’humidité.

Où retrouve-t-on l’amiante et pourquoi est-ce nocif ?

Les différents types d’amiantes sont susceptibles de se retrouver dans à peu près tous les matériaux résultant du mélange de plusieurs composantes. Les calorifugeages, les flocages, les ciments et plâtres ainsi que les revêtements de vinyle en sont quelques exemples. Il faut aussi savoir que l’amiante se retrouve parfois dans certains produits en tant que contaminant et non pas parce qu’on l’a ajouté pour bénéficier de ses propriétés. Les matériaux contenant notamment du talc ou du mica (vermiculite) peuvent contenir de l’amiante sans qu’on en ait sciemment ajouté.

L’agencement de propriétés faisant de l’amiante un matériau unique est aussi à la base de sa nocivité. Dans un premier temps, l’amiante peut se décomposer en fines fibrilles pouvant demeurer longtemps en suspension dans l’air et ayant la capacité de facilement voyager très loin dans l’appareil respiratoire. Une fois dans les alvéoles, responsable des échanges gazeux (O2 et CO2), les fibres persistent malgré les attaques incessantes du système immunitaire grâce à leur grande résistance. Les dommages physiques, l’inflammation, l’accumulation d’enzymes de dégradation causeront avec le temps d’importants dommages limitant l’efficacité des échanges gazeux dans les poumons et pouvant encourager le développement de certains cancers.  

Des normes de sécurité plus strictes pour les travailleurs en désamiantage 

Bien que la réglementation québécoise soit plus stricte qu’ailleurs dans certaines mesures, notamment dans la définition de ce que constitue un matériau contenant de l’amiante, les limites d’exposition aux fibres d’amiante sont ici très élevées.

Les pays producteurs d’amiante, dont faisait partie le Canada il y a de ça une décennie tout au plus, ont généralement une réglementation plus laxiste et ont historiquement défendu la faible toxicité de l’amiante à faible dose. Maintenant que le Canada a aligné sa position sur celle de l’OMS et de la plupart des pays de la communauté européenne, il va de soi que nous modifions les seuils d’exposition en conséquence. Ce réajustement donnera de meilleurs outils pour protéger les travailleurs contre ce fléau qui demeure la cause de mortalité la plus importante chez les travailleurs. 

Une plus grande vigilance des autorités sur l’application des règles existantes devrait également faire partie d’un plan de resserrement. Les exemples de pratiques hasardeuses sont légion malgré la présence d’un cadre réglementaire et le plan Tolérance 0 de la CNESST !

Est-ce que la présence de fibres d’amiante justifie automatiquement des travaux de désamiantage d’un bâtiment ? 

Non, pas nécessairement. Un bâtiment contenant de l’amiante, mais qui est en bon état et ne représente pas de risque élevé de dégradation à court ou moyen terme ne nécessite pas de travaux de remplacement. Les fibres d’amiante, tant qu’elles sont bien contenues dans le matériau, ne représentent aucun danger pour les occupants. 

A priori, la présence d’amiante dans une maison ayant fait l’objet d’une vente ne représente pas non plus un vice caché tant que l’utilisation respecte le code du bâtiment et les règles de l’art de l’époque. 

À noter que dans le cadre de travaux de remplacement de matériaux isolants ou étanchéisant, les propriétaires peuvent bénéficier de subventions visant l’amélioration du bâtiment par l’entremise de programmes d’efficacité énergétique tels que Rénoclimat. Il n’existe toutefois pas de programmes spécifiques pour l’enlèvement d’amiante.

La présence d’amiante reste une préoccupation importante lors de travaux de rénovation et c’est pourquoi il est important d’en connaître le type et sa quantité. Si vous soupçonnez la présence d’amiante, vous pouvez faire appel à un laboratoire compétent dans l’identification du type d’amiante participant à un programme d’essais inter laboratoire et étant reconnu par le Centre d’Expertise en Analyse environnementale du Québec (CEAEQ), tel qu’est le cas pour notre laboratoire, LAB’EAU-AIR-SOL

Liens utiles 

À propos de notre expert

Christian Lebeau-Jacob, Microbiologiste

Directeur et microbiologiste chez LAB’EAU-AIR-SOL depuis plus de sept ans, Christian possède une maîtrise en microbiologie de l’Université de Sherbrooke et un baccalauréat en science de la biologie médicale. Son implication auprès de l’Association des microbiologistes du Québec, à titre de président, ainsi plusieurs autres groupes d’experts font de lui un professionnel reconnu et à l’affût des avancées dans son domaine. Il est spécialisé en bactériologie, identification de moisissure et amiante ainsi qu’en détection de légionnelle.

Articles connexes

Amiante dans l’eau potable, la norme au Québec!

On sait que l’eau est source de vie, mais peut-elle aussi être une source de fibre d’amiante? L’amiante est un minéral fibreux qui a été largement utilisé par le passé pour ses nombreuses utilisations, notamment dans le bâtiment. Le Québec occupait d’ailleurs autrefois une place de choix dans l’extraction/exportation d’amiante chrysotile. Bien que l’encadrement de […]

Lire la suite